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Category: Blog

80 jours sans rouler à Paris : ce qui nous manque un peu, beaucoup, ou pas du tout !

Voilà maintenant un petit moment que nous parcourons des villes d’Asie du Sud Est à vélo. Et plus le temps passe, plus l’on se rappelle de ce que c’était, notre quotidien de cyclistes à Paris ! Après les autoroutes urbaines de Bangkok, les bouchons de Chiang Mai, les 4×4 de Vientiane, nous voici à Phnom Penh, royaume des tuk-tuk et des scooter (même si Ho Chi Minh, que nous visiterons plus tard, la surpasse dans ce domaine). Ici, pas ou peu de règles de circulation, les sens interdits ne sont pas respectés, les feux à peine plus. Une moto peut toujours débouler de n’importe où, n’importe quand.

Ce que nous retenons après 10 jours à rouler tous les jours à Phnom Penh ? Deux règles : toujours garder l’œil ouvert (et les mains sur les freins) ; et ne jamais céder. Céder le passage, ou même attendre que l’on vous laisse passer, c’est non seulement le meilleur moyen de ne jamais avancer mais en plus de bloquer le trafic derrière soi, et se faire klaxonner ! La bonne nouvelle, c’est que cette « loi du plus fort » n’a rien à voir avec la taille du véhicule ou le fait qu’il soit ou non motorisé : c’est à celui (en l’occurrence plutôt des hommes…) qui « montrera ses muscles », qui avancera sans peur pour imposer sa trajectoire. Pratique déroutante au début, énervante bien sûr tant les comportements sont genrés, mais finalement peu dangereuse voire amusante au bout d’un moment. Quel plaisir de passer en vélo là où même les scooters n’ont pas la place…

Voilà pour le contexte. Alors, vu d’ici, rouler à Paris, ça nous manque, ou pas ? On tente un petit classement !

Ce qui nous manque le plus : 

  • Des espaces sans voitures. Sans hésiter ! Ici, il est très difficile de sortir du bruit de la circulation sans abandonner son cher vélo pour s’installer dans un café, ou mieux, un des nombreux rooftop ! Aaaah, les quais de Seine à vélo, quel bonheur… Même remplis de piétons un dimanche d’été, on signe !
  • Les trottoirs. Les poteaux, les barrières. Des arceaux. Bref, un endroit pour se garer (librement). C’est quand même un des plaisirs du vélo que de pouvoir s’arrêter quand on veut, où on veut… liberté très limitée ici ! Déjà, quand on pose le pied par terre, on a le droit à au moins une personne qui vient voir (de très près) ce qu’on trafique avec deux vélos et un antivol, et ça, c’est pesant… Car le trottoir est un lieu d’occupation (masculine), et un business ! Dans certains quartiers, il est très difficile de trouver un bout de trottoir qui ne soit pas privatisé et transformé de manière complètement anarchique en parking à motos, surveillé, avec système de tickets.
  • Les pistes ! Même si elles ne sont pas toujours respectées à Paris, elles nous manquent ! Difficile ici de revendiquer un ‘espace à soi’ sans aucun marquage au sol…

Ce qui nous manque le moins : 

  • Les bus, à l’unanimité des voix ! Les voies de bus ? Un mauvais souvenir pour nous ! Bon, il faut dire que le réseau de bus et plus largement de transports en commun est quasi-inexistant, ce qui n’est évidement pas une bonne nouvelle… Mais une chose est sûre, de Bangkok à Phnom Penh, nous ne nous sommes jamais senties mises en danger comme ça peut être le cas sur la voie du bus du Boulevard Saint-Germain (un exemple comme ça, au hasard)
  • Les taxis ! Aaaaah nos amis les taxis… là encore, le fait de ne plus se faire frôler – ni insulter, menacer… – par certains chauffards nous fait vraiment du bien. Si certains comportements peuvent être ici dangereux, cela tient plutôt de la circulation anarchique que de la volonté de nous faire peur – et croyez-nous, à Paris, c’est du vécu !
  • Et pour finir, les costards cravates qui se prennent pour Chris Froome (sans dopage) sur leur vélib’ et font la course avec nous. Là encore, du vécu… 😉

A très vite pour la suite de nos aventures !

De Bangkok à Vientiane : retour sur un mois de voyage – 2ème partie (Laos)

Après les petites galères de nos derniers jours en Thaïlande et une fois passées au Laos, de l’autre côté du Mékong, nous voici parties pour deux jours de bateau, direction Luang Prabang. Et ce fut… plutôt génial. Une fois le visa obtenu (sans difficulté), nous (et nos sacs) transférées avec d’autres passagers en pick-up jusqu’à l’embarcadère, nous découvrons le long boat sur lequel nous passerons deux jours, avec une pause pour la nuit dans le village de Pakbeng. Un beau bateau tout en bois, avec tout le confort minimum : des toilettes et de quoi se restaurer (chips, soupes instantanées et Lao Beer!).

Une bonne ambiance, on fait connaissance et on trinque avec nos voisin.es suisses, américain.es, chilien.nes… et on hallucine quand même devant cet espagnol qui se prendra deux jours durant pour le capitaine du bateau, avec une passion dans sa nouvelle vie : superviser chaque manœuvre – sous les yeux eux aussi hallucinés de l’équipage, le vrai. Petite frayeur tout de même pour l’un des passagers qui s’est gravement ouvert la jambe en tombant dans une trappe à la fin du premier jour. Évidement, pas d’hôpital à Pakbeng (vraiment un village entouré de forêts, construit sur les rives du Mékong), il n’aura que quelques premiers soins jusqu’à Luang Prabang…

 

 

Sinon, les paysages sont dingues, le réveil le matin du deuxième jour, à Pakbeng, aussi. On s’extasie un peu bêtement avec d’autres touristes devant les éléphants qui prennent leur bain (ces même touristes qui une heure plus tard jetteront leurs mégots dans le Mékong comme de nombreux occupants du fumoir improvisé à l’arrière du bateau… et là, tu perds foi en l’humanité).

 

Les paysages du Mékong continueront à nous émerveiller pendant nos quelques jours à Luang Prabang, une étape certes touristique mais tout de même calme, apaisante, vraiment très belle, du soleil en continu et une température idéale (28, 29 degrés « seulement », la fraîcheur du Nord) et surtout parfaite à vélo ! Et ce petit resto japonais… (un problème récurrent pour nous : on finit toujours par se trouver un petit spot japonais plutôt que d’explorer à fond la cuisine locale). On vous passe ensuite la journée de voyage jusqu’à Vientiane en minivan sur des routes de montagne (que notre voisine n’aura pas supporté…). Nouvelle étape : Vientiane !

 

 

Vientiane, une “petite” capitale aux gros problèmes de circulation….

 

Après 15 jours passés à parcourir la ville au moment ou nous écrivons cet article, on peut dire que s’il est relativement facile de s’y déplacer à vélo, ce n’est pas vraiment une partie de plaisir. Facile, car la ville est peu étendue, le centre, petit, et que les voitures et motos ne roulent pas très vite, ni ne frôlent les cyclistes. On peut aussi faire une belle balade sur la grande route qui longe le Mékong, la circulation y était coupée tous les soirs pour faire place aux piétons, vélos, et différents cours de gym qui se font concurrence avec musique à fond – et même si les pratiques restent assez genrées, ce sont des dizaines de femmes qui occupent, chaque soir, l’espace public.

 

Cela dit, rouler quotidiennement à Vientiane n’est pas de tout repos, au contraire. Nous en avons eu un aperçu dès notre arrivée ; après notre voyage mouvementé en provenance de Luang Prabang, nous pensions avoir fait le plus dur une fois arrivées à la gare routière située à quelques kilomètres en périphérie de la ville. Naïves que nous sommes… Installées à l’arrière d’un taxi collectif – un pick-up, donc à l’air libre, nous avons mis plus d’une heure et demi pour faire ces quelques kilomètres, en faisant du quasi sur-place tellement les rues étaient bouchées (et pourtant, des rues à deux, trois voies!). Tout le monde était pourtant très calme, pas un coup de klaxon, pas une insulte, ce qui fut finalement le plus dépaysant pour nous parisiennes… Un de nos compagnons de route, exaspéré, a même quitté le navire en plein milieu de la route pour continuer à pied (et on aurait franchement fait pareil si nous n’étions pas si chargées). Les locaux avaient tous des masques – pas nous : énorme mal de tête en arrivant. Nous voilà donc prévenues…

 

Quelques balades à vélo plus tard, nous avons ressenti le besoin de faire quelques recherches sur le sujet… et, de fait, le nombre total de véhicules enregistrés à Vientiane a doublé sur ces cinq dernières années, pour s’établir à plus de 800.000, pour un nombre d’habitant.e.s à peine plus élevé. Certes, les deux-roues motorisés restent largement en tête mais difficile de ne pas remarquer le nombre important de voitures neuves stationnées un peu partout dans la capitale ! Et quelles voitures : une majorité de 4×4 et d’énormes pick-up américains et japonais qui encombrent les trottoirs et ralentissent fortement la circulation aux carrefours, rarement régulés par un feu, donc souvent lieux de blocage. Et d’accidents (nous avons assisté à pas moins de 4 collisions voiture/moto en 15 jours, toutes sans gravité).

 

 

Nous avons trouvé plusieurs tentatives d’explication : les importations de voitures d’occasion auraient été limitées par le gouvernement, tandis que les (nombreux) concessionnaires proposent des credits-auto très attractifs. On veut bien le croire… Surtout, les alternatives au transport individuel sont quasi-inexistantes, comme nous l’expliquait un jeune volontaire des Nations Unies rencontré lors d’un événement associatif à l’Institut Français du Laos : hormis les taxis collectifs et autres tuk-tuk, il n’y a que quelques lignes de bus (donnés par le Japon, très présent ici), un réseau qui relie principalement les grands axes excluant de fait les usagers les plus éloignés, des stations peu ou pas aménagées, non abritées donc pas adaptées pendant la saison des pluies… Dans les chiffres, les trajets en transport en commun représentent moins de 1% des trajets quotidiens à Vientiane.

 

Les autorités semblent tout de même prendre conscience du problème, plusieurs annonces ayant été faites pour, officiellement, lutter contre les embouteillages, dont la verbalisation des parking clandestins, la construction d’un système de tram, de nouvelles piétonisations et même un système de vélos partagés. A suivre ?

 

… et pourtant : un petit coup de cœur pour nous !

 

« Vaut un jour de visite à peine », « rien à voir, on s’y ennuie »… Autant dire qu’avec tout ce qu’on avait lu sur différents blog, nous aurions dû nous attendre au pire. Mais après Chiangmai ou Luang Prabang, deux étapes touristiques, on était finalement assez impatientes de découvrir cette capitale.

 

 

Verdict : une de nos étapes les plus surprenantes ! On ne peut pas vraiment dire que la ville soit « belle », mais son architecture complètement WTF lui donne un certain charme, entre ses immenses édifices d’inspiration a 300% communiste, ses « Champs Élysées » (appellation revendiquée) qui nous ont plutôt fait penser a la Karl Marx Allee de Berlin, ses rues presque paisibles du centre-ville et, bien sur, le Mékong dont on ne se lasse toujours pas. Une capitale à voir donc, si l’on a suffisamment de temps pour y trainer !
 
Demain, départ pour un nouveau pays et une nouvelle ville (et nouveaux projets?) : Phnom Penh !

 

De Bangkok à Vientiane : retour sur un mois de voyage – 1ère partie (Thaïlande)

Nous vous avions laissé.e.s, il y a quelques semaines, avec nos premières impressions sur notre première étape, Bangkok. Nous sommes maintenant installées dans une autre capitale…  celle du Laos ! Mais avant de vous parler un peu plus longuement de Vientiane (un coup de cœur pour nous), retour sur notre périple du sud de la Thaïlande au Laos. Soit un mois à vous raconter, donc on va faire ça en deux fois !

Pour commencer, sachez que notre itinéraire est actualisé au fur et à mesure sur cette carte (ainsi que sur la page d’accueil de notre site). Vous y apprendrez que nous avons par exemple fait un court détour par Pattaya dont nous ne parlerons pas sur ce blog tant il n’y a rien à en dire, à part que l’endroit est fidèle à sa réputation…

Après trois semaines à Bangkok (et le tournage de notre épisode #2, le tout dernier jour, en ligne ici), nous sommes descendues dans le sud du pays. En train d’abord, jusqu’à Prachuap Khiri Khan. Une petite station balnéaire épargnée par le tourisme de masse, au charme un peu désuet, au cœur d’une baie magnifique. Au programme, du calme, de la plage, un peu de montage vidéo, des resto de fruits de mer, des chats siamois, un marché de nuit à tomber par terre (et encore, on a pas pu tout goûter), et du vélo !

Le chat du café du coin

Avec un bémol : on logeait un peu loin du centre et la route était particulièrement squattée par les chiens errants, tout gentils et inoffensifs en journée et qui semblaient n’avoir qu’un seul loisir à partir de 18h : poursuivre les vélos, surtout les vélos qui grincent… Après une bonne frayeur (c’est pas passé loin du mollet) et un gros sprint, on a opté pour un bâton de bambou que nous emportions à chaque fois que nous partions pour la journée. Avec l’espoir de ne pas s’en servir tant pour eux que pour nous, mais pour avoir de quoi leur faire peur. La loose quand même, non ?

A part ça, Prachuap Khiri Khan est juste un paradis pour rouler, peu de circulation, petite ville, routes en bon état et larges.

Le paradis des vélos !

Nous avons ensuite continué notre route vers le sud.

En bus, pour un très loooong trajet. Mais une sacrée expérience, vu qu’on a pris un bus quasi-exclusivement emprunté par les locaux (il existe de tout, du bus « VIP » pour les touristes à ceux plus rudimentaires mais pas si terribles). Il faut savoir une chose, c’est qu’en Thailande, l’achat d’un ticket de bus inclut une pause déjeuner. C’est ainsi qu’après quelques heures de trajet, notre bus s’est arrêté dans une sorte d’aire de repos et nous avons été invitées à nous installer à une grande table avec les autres passagers, avec différents plats à partager – riz avec légumes, viande, poisson, un curry bien relevé… bref pas mal de choix, y compris pour nous végétariennes. Et deux grands-mères comme voisines de tables, revenant de Bangkok après un dernier hommage à leur roi défunt (nous étions en Thaïlande pendant sa crémation), qui semblaient trouver très intéressant et drôle de nous voir tester tout ça ! Le trajet jusqu’à Phuket aurait été parfait si, en toute fin de voyage, l’une d’entre nous n’avait pas mangé des chips infestées de fourmis (il faisait noir aussi!), ce qui nous a valu une arrivée mouvementée… On n’en dira pas plus.

Phuket, donc. Honnêtement, on aurait aimé faire d’autres étapes avant, passer du temps dans les îles, etc… mais notre problème est qu’étant parties pour un an nous sommes assez chargées (un gros sac à trimballer en plus de nos sacs de voyage respectifs), ce qui nous limite plus que nous le pensions. Pour la suite du voyage, nous suivrons notre idée initiale : nous établir dans des bases pour trois, quatre semaines et bouger autour… Mais revenons à Phuket : une bonne surprise pour nous ! Après quelques lectures, nous nous attendions à un endroit quelque peu défiguré par le tourisme… et c’est le cas, du moins de ce que nous en avons vu en traversant l’île pour rejoindre une plage. Sans doute existe-t-il des coins encore préservés, mais nous n’avons pas assez trainé pour les découvrir… Non, la bonne surprise est venue de la ville de Phuket, moins connue, agréable et surprenante d’un point de vue architectural de style ‘sino-portugais’, avec pas mal de bonnes petites adresses de cafés, de bars (dont certains carrément étranges, voir photo) sans oublier le Sang Tham Shrine, un petit temple chinois « caché » au fond d’une impasse dans la vieille ville, particulièrement classe.

Anfield à Phuket

Le Sang Tham Shrine

Après ces quelques jours, nous avons mis tous nos principes de côté et… pris un avion pour le nord de la Thailande, chose que l’on souhaite évidemment faire le moins possible. Mais la fête des lumières nous attendait à Chiang Mai, et la perspective de traverser le pays (1.500 kilomètres quand même) avec toutes nos affaires… Solution de facilité qui ne nous empêchera pas d’avoir quelques « galères » dans les jours qui ont suivi, mais nous ne le savions pas encore !

Quand on y repense avec un peu de recul, tout a commencé à l’aéroport, lorsque la sécurité nous a confisqué notre batterie solaire. Qui a voyagé sans problème de Paris à Bangkok, mais n’a pas passé le premier contrôle ici au nom d’une obscure réglementation (les batteries portables sont autorisées en avion en-deçà d’une certaine capacité, la nôtre était parfaitement dans la limite mais nous n’avons pas pu le « prouver »). Rien de grave, que du matériel, mais du bon matériel tout de même, dans lequel nous avions investi pour la recharge de nos accessoires de tournage. Enfin…

Arrivées à Chiang Mai, nous débarquons dans un appartement pourri, un vrai taudis et une belle arnaque. Après une courte nuit nous parvenons à nous faire rembourser (à coup de photos en guise de preuves) et trouvons une petite guesthouse pour quelques jours, puis une autre, tout étant quasi-complet à cause de la fête des lumières et des lanternes, Loy Krathong. Mais on se débrouille ! Jusqu’au moment de quitter la ville pour le Laos, le bus que nous devions prendre direction la frontière étant complet, comme tous les bus ce jour là. Il faut nous voir, après avoir bien galéré à rejoindre au petit matin la station de bus (située à plusieurs kilomètres de la ville), apprendre qu’il n’y a plus aucun bus, essayer de trouver une solution au bureau « information » avec une employée qui nous interrompt au bout de quelques secondes – « one moment please », il est 8h, tout le monde se fige : c’est l’heure de l’hymne national retransmis par haut-parleurs – et finalement nous résigner à passer une journée et une nuit dans un hôtel miteux (mais drôle, une sorte d’ancien palace chinois à l’abandon, majestueux mais complètement défraichi avec certains étages à l’abandon) du terminal de bus pour partir à la première heure le lendemain matin. 24h totalement WTF passées en grande partie dans le grand mall ultra-moderne d’à côté qui, il faut bien le dire, nous a sauvé notre journée (surtout son bar à vin avec plateau de fromages… oui, c’est mal).

Sinon, nous avons été plutôt très partagées sur Chiang Mai. Loy Krathong fut une expérience géniale. Nous avons assisté au lancer des lanternes d’un rooftop d’un pub australien idéalement placé au cœur des festivités, c’était très beau et un peu fou.

Après le lancer de lanterne, la parade

Par contre, nous n’avons pas spécialement apprécié la ville, vraiment trop touristique (dans la vieille ville, une maison sur deux est une guesthouse, on exagère à peine) et à la circulation compliquée. On peut y faire du vélo (et en trouver à louer) sans problème, et c’est très agréable si on en fait pour se promener, une heure ou deux dans un quartier donné. Par contre, se déplacer tous les jours à vélo, traverser cette sorte de périph’ intérieur qui fait le tour de la vielle ville en suivant les remparts, c’était assez sportif. D’ailleurs, on a vu assez peu de touristes s’y risquer et certain.e.s n’avaient pas l’air franchement rassuré.e.s. On a aussi attrapé un sacré mal de tête à cause de la pollution en revenant d’une balade en fin d’après-midi, tellement la ville était embouteillée, et avec la chaleur en prime… Peut-être l’était-elle plus que d’habitude en vue de la fête des lumières, mais nous sommes tout de même restées une semaine et n’avons pas vu beaucoup de changement. Ni de cyclistes ! Rien n’est fait pour le vélo – nous avons aperçu quelques marquages au sol sur cette fameuse trois voies autour des remparts… marquages en fait en plein milieu de la route et donc des voitures, absolument pas une piste séparée. Les locaux roulent en (grosse) voiture ou en scooter, comme les touristes, et on a d’ailleurs vu un sacré nombre d’écloppé.e.s avec de grosses brûlures sur les bras et les jambes.

Passage obligé pour rejoindre la vieille ville à Chiang Mai (et là, c’était calme)

Comme à Bangkok, à moindre échelle bien sûr, la ville est de plus en plus étalée avec zones commerciales et industrielles en périphérie, et pour autant très vite congestionnée dans le centre, aucune alternative aux transports motorisés n’y étant encouragée. Une trajectoire classique dans l’histoire récente de l’urbanisme en somme, et sans vouloir faire des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être, difficile de ne pas penser à tout ce que nous dénoncions dans une autre région du monde avant notre départ – et sans doute après –  avec d’autres cyclistes militant.e.s… En essayant de comprendre le contexte local bien sûr, Chiang Mai n’ayant par exemple pas vraiment d’autres choix que d’organiser sa circulation autour de grands axes : comme à Bangkok là encore, les quartiers de la ville sont organisés autour de soi, ces ruelles secondaires pas forcément reliées entre elles, qui donnent à ces quartiers un charme particulier mais se heurtent forcément à la généralisation de la voiture comme moyen de transport.

C’était le point ‘déprime’.
Parce-que sinon nous avons tout de même visité des temples très impressionnants, fait de belles ballades dans certains quartiers plus calmes, et surtout super bien mangé… Chiang Mai était le paradis des végétarien.ne.s. « Spéciale dédicace » au restaurant de la guesthouse vegan et végé Green Tiger, notre cantine pendant une semaine.

Riz sauté aux légumes, salade de papaye, pad thai de folie, curry vert… et kombucha maison, c’est simple, on a tout testé ou presque.

Et pour finir cette première partie, Chiang Khong, dernière étape thaïlandaise avant le Laos, où nous avons passé une nuit dans une charmante petite chambre avec vue sur le Mékong. Mékong que nous n’aurons pas fini de voir puisque nous voilà parties pour deux jours de bateau et là, on en a pris « plein les mirettes » comme on dit (ou pas). Mais avant de monter sur le bateau, il a fallu traverser le pont de l’amitié jusqu’au poste frontalier et accomplir les formalités pour le visa. Et franchement, tout s’est très bien passé, nous avons obtenu le précieux tampon sans difficultés et plutôt rapidement, avant de monter avec un groupe de touristes chiliens, italiens, américains, suisses (avec qui nous trinquerons plus tard « à la francophonie », et oui, ça arrive), que nous côtoierons pour les prochaines 48h. Les « mauvaises vibes » laissées derrière nous, nous voici en route pour notre première étape laotienne… Luang Prabang !

A suivre…

 

 

 

Hello, Bangkok !

Bonjour à tou.te.s !

Nous vous avons laissé.e.s un petit moment sans nouvelles… une semaine exactement, le temps de nous acclimater à notre première ville, et quelle ville !

Il nous a fallu un peu de temps pour atterrir, s’habituer à la chaleur (humide, tout le contraire du temps sec et frais qu’on a eu avant de partir), prendre le rythme, comprendre la manière dont fonctionne cette mégalopole, très étalée dès lors que l’on décide de sortir des quartiers touristiques, bref : on savait qu’on allait être surprises, et on l’est !

 


« Bangkok, on adore ou on déteste »,
c’est ce qu’on a lu dans divers guides ou blogs. Nos premières impressions sont moins radicales : énervante par certains aspects, géniale la plupart du temps.

 Commençons par le plus « surprenant », et pour ça, il faut qu’on vous parle de notre quartier actuel. Après quelques jours dans une guest house toute mignonne située dans un quartier assez populaire et traditionnel relativement proche des principaux sites touristiques, nous changeons de rive et débarquons à Thonburi, dans le sud-ouest de la ville, dans un quartier qui résume assez bien nos sentiments après seulement 8 jours passés ici : un mélange hyper enthousiasmant mais bizarre entre ce que l’on imagine appartenir au Bangkok « ancien » et un saut dans la modernité et l’ultra-capitalisme. Loin de nous, en tant qu’occidentales, l’idée de vouloir juger cette tendance hein… c’est juste que c’est très prégnant, et que notre récit serait biaisé si l’on ne vous partageait pas ce ressenti.

Nous vivons actuellement dans un condo. Une grande tour ultra-moderne avec salle de sport toujours très fréquentée (on y fait de la course sur tapis roulant en profitant d’une vue sur tout Bangkok), une piscine sur le toit, un « social club » (comprendre espace de travail avec bibliothèque et billard), un supermarché et un café très hype au rez-de-chaussée… Le tout super propre et réglementé, il est interdit de manger, de boire ou de fumer (nous y reviendrons) dans toutes ces parties communes. L’immeuble fait partie d’un ensemble de tours du même genre situé à côté du BTS, le Skytrain qui survole une autoroute urbaine rejoignant le(s) coeur(s) de la ville sur l’autre rive. Mais il suffit de prendre la direction opposée pour se retrouver dans un quartier plein de charme quadrillé par de petits canaux, de ruelles encombrées d’étales et de stands de street food à perte de vue… Et là, on en prend très vite plein les yeux, pas plus tard qu’hier soir, lorsque l’on s’est perdues dans le marché de Talat Phlu, installé autour d’une voie de chemin de fer, pour gouter quelques mets locaux juste délicieux en regardant de vieux trains passer régulièrement au milieu des stands, le tout dans une effervescence dingue.


                                             vue de notre appart’

Ce mélange, c’est un peu comme ça, tout le temps. Y compris dans les attitudes, du moins ce qu’on en perçoit : autant, vivre à coté d’autoroutes urbaines ultra-fréquentées semble ici représenter le comble de la modernité (dans notre quartier du moins), autant fumer une cigarette en bas de l’immeuble peut vous valoir un regard noir… (probablement dû à une politique gouvernementale anti-tabac très répressive, l’usage de la cigarette électronique – nous n’avons pas vraiment su pourquoi – étant même passible d’une peine de prison). Autre facette surprenante : nous sommes en octobre 2017, soit… un an pile après la mort du roi Bhumibol, donc en plein milieu d’un deuil national et des préparatifs de sa crémation (prévue le 26 octobre) qui sont, comment dire, partout et surtout sur les écrans, ceux du supermarché comme ceux du métro qui passent en boucle des images d’archive sur le roi défunt…

Bangkok n’usurpe pas sa réputation : on ne s’y ennuie jamais. Depuis 8 jours que nous parcourons la ville, nous avons découvert des quartiers fantastiques – avec un coup de coeur sur les quartiers indien et chinois en particulier, immense, à l’architecture incroyable, de ses temples aux grandes maisons colorées, sans parler de ses restaurants fastueux et là encore de sa street food, de ses ateliers d’un autre âge coincés entre deux ruelles sombres en passant par une rangée de bars à bières locales artisanales et autres cocktails, parenthèse totalement hipster en remontant vers la gare Hua Lamphong…

Il faut aussi que l’on vous parle de l’organisation de la ville et de la circulation, là aussi surprenante. Si Bangkok se traine le cliché d’une ville ultra-polluée (pas faux) par la voiture, il suffit parfois de s’éloigner d’une énorme route à 4 voies pour tomber dans un quartier aux airs de village paisible et calme aux rues trop étroites pour que les voitures s’y aventurent. Les motos y prennent le relais, certes, mais jamais de manière insistante ou dangereuse. De manière générale, très, très peu de coups de klaxon et encore moins d’animosité. En fait, le gros problème, ce sont les carrefours. Autant il est facile de marcher dans un quartier sans être embêté.e par la circulation, autant parfois, on débouche sur un axe important et là, bon courage pour traverser : les feux, quand ils existent, sont trèèèèès longs (et pas en faveur des piétons), il faut souvent prendre son courage à deux mains et se lancer dès que possible. Pas très agréable, mais on oublie tout ou presque en découvrant un nouveau spot de street food ou un temple incroyable.

 

 

Et puisque l’on parle de circulation, parlons vélo (forcément!) : là, ok, c’est hyper compliqué. Non pas pour rouler – tant que l’on évite les gros axes – mais surtout pour en trouver à louer ! En même temps, on imagine que la demande est quasi-inexistante, au vu des distances à parcourir et, il faut bien le dire, de la circulation (nous pouvons affirmer sans fausse modestie que nous sommes,  en roulant quotidiennement à Paris, bien plus entrainées que la plupart des touristes). Il est bien plus facile et agréable de se déplacer en métro et, surtout, en bateau, vrai moyen de transport utilisé par les locaux dont nous avons abusé les premiers jours ! Pour l’instant, nous avons pu trouver des vélos ponctuellement, en négociant avec une guest house qui en mettait à la disposition de ses clients) ou alors dans un coin plus adapté au vélo (Bang Krachao, le « poumon vert » de Bangkok) où nous avons trouvé des locations. Il y a bien des vélos partagés type vélib, mais il faut un abonnement et, pour cela, accomplir un certain nombre de formalités. Nous aurons peut-être plus de chance dans les prochains jours !

Au programme, pour la suite : encore quelques jours à Bangkok avant une escapade dans le golfe du sud-est de la Thaïlande sur une ile au large de Pattaya puis un retour rapide à Bangkok pour le tournage du prochain épisode de rrride, avec un très beau projet à vous faire découvrir.

A très vite !

J-7 avant… Bangkok !

Ça se rapproche ! Dimanche prochain, nous nous réveillerons à Bangkok, première étape de notre projet, rrride. Et première étape pour nous en Thaïlande, que nous allons parcourir pendant un peu plus de 6 semaines du sud (jusqu’à Phuket) au nord (Chiang Mai) avant de filer vers le Laos par le Mekong. (oui, en bateau !)


Bangkok abrite une bonne petite communauté cycliste. On a listé un certain nombre de clubs, collectifs et « cafés-vélos » qu’on a hâte de découvrir… Le parfait moyen de rencontrer des cyclistes et de suivre l’actu de ce petit monde du vélo ? Hâte aussi de pouvoir rouler à nouveau, nos propres bécanes étant désormais bien rangées dans un garage quelque-part dans le nord de la France…

Pendant un an, suivez nos aventures à deux-roues sur ce blog, notre page facebook et bien sûr en vidéo ! Si vous l’aviez manqué, notre épisode zéro, dans lequel nous suivons un groupe de femmes apprenant à faire du vélo grâce à l’association AICV, basée le long du canal de l’ourcq à Paris, est déjà en ligne, ici ! Et un second épisode parisien sera publié d’ici quelques jours…

To be continued !

Nathalie & Camille

 

[Portrait] : connaissez-vous… Annie Londonderry ?

Après Amelia Bloomer et Libby Miller, nous vous proposons aujourd’hui de partir à la rencontre d’une féministe qui s’est lancée dans un tour du monde à vélo… en 1894 !

Annie Cohen Kopchovsky, fille d’émigrants juifs originaires de Riga, est un personnage extraordinaire. A 24 ans, mariée et mère de trois enfants, elle décide de relever un pari : 20 000 $ contre 10 000 $ qu’une femme pouvait voyager autour du monde à vélo.

Après s’être dégoté un sponsor à la condition qu’elle porte à l’arrière de son vélo un panneau publicitaire au nom de la société, la Londonderry Lithia Spring Water Company, la voici le 25 juin 1894 prête à partir, devant les marches du palais du gouvernement du Massachusetts saluant les 500 personnes venues l’encourager.

Aventurière, courageuse, Annie Londonderry est aussi une conteuse hors-pair – elle agrémente ses récits de détails rocambolesques assez jouissifs : elle raconta à son retour avoir traversé le front pendant la guerre sino-japonaise de 1895 où elle serait tombée dans une rivière gelée, aurait été touchée par une balle à l’épaule avant d’être jetée dans une prison japonaise. Un sacré personnage digne d’être représenté dans Les Culottées !

De son tour du monde, on sait toutefois grâce aux nombreux reporters qui la rencontrèrent pendant son parcours qu’elle se rendit de Boston à Shanghai en passant par Le Havre, Alexandrie, Singapour… le tout en quinze mois, gagnant son pari.

Pendant ces quinze mois, elle fit plus que bousculer les stéréotypes de genre : elle les démonta un par un, en quittant sa vie de mère au foyer (la seule alors autorisée aux femmes, donc) vêtue d’une robe longue d’usage, qu’elle quitta rapidement pour une tenue qui défrayait la chronique – le bloomer – et troquant son char d’assaut, un vélo Columbia de 20 kg, pour un vélo Sterling « masculin » de 9kg.

Comme souvent s’agissant des femmes ayant fait l’histoire, Annie Londonderry, devenue célèbre de son vivant, retomba rapidement dans l’oubli après sa mort. Jusqu’au moment où un chercheur replongea son nez dans cet exploit et rencontra l’arrière petit-neveu de notre cycliste, qui découvrit complètement cette histoire et en fit une biographie.

Et qu’un récent documentaire lui soit consacré.

The New Woman: Annie « Londonderry » Kopchovsky (a documentary trailer) from Gillian Willman on Vimeo.

De notre côté, nous réalisons en écrivant cet article que notre itinéraire nous amènera en grande partie sur les traces d’Annie Londonderry…  oh yeah.

[Portraits] Connaissez-vous… Amelia Bloomer et Libby Miller ?

Avant notre départ prévu le 30 septembre prochain et en attendant les épisodes de rrride, vous retrouverez ici une série de petits articles qui vous éclaireront sur notre « fil rouge », le vélo tel que nous le voyons : un outil d’émancipation et de changement social.

 

 

On commence par une lutte qui nous tient particulièrement à cœur : celle pour l’émancipation des femmes, portée par quelques précurseurEs… parmi lesquelles on trouve Amelia Bloomer, suffragette qui a démocratisé le pantalon du même nom par le biais de son journal « Lily », premier journal américain édité par des femmes et pour les femmes, de 1849 à 1856.

Malgré les efforts d’Amelia B. pour faire connaître la véritable créatrice du vêtement, Libby Miller, ce pantalon bouffant serré aux chevilles ou aux mollets est immédiatement connu et (surtout raillé) sous le nom de « bloomer ».

Raillé, car au milieu des corsets et des robes en crinoline, cette révolution vestimentaire est une véritable provocation contre la société toute entière et en premier lieu (comme souvent) contre les scientifiques et médecins : la plupart déconseillent alors l’usage du vélocipède, cette machine à stérilité accusée en outre de détourner les femmes de leur mari par « l’accès de folie sensuelle », provoqué par le frottement du clitoris sur la selle…

Quelques décennies plus tard, le bloomer devient un vêtement courant aux Etats-Unis, puis en Europe : utilisé par les clubs cyclistes féminins, il apparaît dans les publicités des manufacturiers qui sentent bien que le vélo, bientôt accessible à la classe ouvrière, représente un marché juteux. Et les femmes, seules sur leur vélo, se dérobent désormais en quelques coups de pédales à la surveillance des hommes et gagnent une liberté de circulation … en bloomer, tenue qui continue de faire parler.

 

« La bicyclette a créé un troisième sexe. Ce n’est pas un homme, que ce passant en culottes bouffantes, le mollet libre, la taille dégagée et coiffée d’un canotier. […] Est-ce une femme? Le pied hardi, la démarche vive, les mains dans les poches, vaquant à son gré et sans compagnon, s’attablant aux terrasses, les jambes croisées, le verbe osée: c’est un bicycliste. » (Georges Montorgueil dans Les Parisiennes d’à présent, 1896).

Quand on voit aujourd’hui qu’on nous vend toujours des vélos pour « femme », avec cadre « adapté au port de la jupe »…, on se dit que le combat d’Amelia Bloomer et Libby Miller mérite encore d’être connu et raconté !

 

Quelques lectures pour aller plus loin :

http://www.heloiseduche.fr/les-feministes-et-le-biclou-une-histoire-damour/
http://ellesfontduvelo.com/2015/05/histoire-femme-a-velo-amelia-bloomer-et-libby-miller/
http://www.lapedaledantan.fr/index.php/histoire/16-la-liberation-des-femmes-par-le-velo
http://www.barbieturix.com/2016/07/12/bloomers-pantalons-feminisme-et-discorde-a-lere-victorienne/
http://ellesfontduvelo.com/2015/05/histoire-femme-a-velo-amelia-bloomer-et-libby-miller/
https://leszimbes.wordpress.com/2016/10/23/un-collectif-cycliste-festif-feministe-et-non-mixte-pour-quoi-faire/
http://www.slate.fr/story/104509/velo-outil-emancipation-femmes

Notre itinéraire

On y est ! Notre itinéraire est finalisé… ou au moins ses grandes étapes !

Nous sommes fascinées par les grandes métropoles qui, de plus en plus saturées, n’ont d’autres choix que de questionner leurs usages pour trouver des solutions nouvelles. Notre itinéraire nous portera donc en grande partie de métropole en métropole, de taille moyenne à très (très) grande.

Les métropoles que nous avons choisies se situent sur deux continents : l’Asie et l’Amérique (du Nord).

C’est un choix pratique, d’abord : en un an, nous ne pouvons pas faire un tour de monde complet et prendre le temps d’aller rencontrer, explorer, comprendre.

C’est un choix réfléchi, aussi : l’Asie a une histoire cycliste marquée, notamment en Chine et en Asie du sud-est.

Très utilisé et particulièrement bien adapté aux structures urbaines denses et compactes, le vélo y a été progressivement repoussé hors des grandes villes au profit des voitures et, surtout, des scooters et motos, qui saturent aujourd’hui la circulation.

Bangkok, Chiang Mai, Vientiane, Phnom Penh, Hô Chi Minh, Hanoi, Hong-Kong, Shanghai, Seoul, Tokyo

Quant à l’Amérique du Nord, entre la Californie, où aucune activité sociale ne se fait sans voiture,

Et le Michigan, terre de General Motors avec une ville comme Detroit qui renaît de ses cendres, le vélo apparaît peut-être plus qu’ailleurs comme un facteur de résistance et de transformation.

Los Angeles, San Francisco, Portland, Seattle, Vancouver, Chicago, Detroit, Toronto

Bangkok, Chiang Mai, Vientiane, Phnom Penh, Hô Chi Minh, Hanoi, Hong-Kong, Shanghai, Seoul, Tokyo, Los Angeles, San Francisco, Portland, Seattle, Vancouver, Chicago, Detroit, Toronto : rrride is coming !

Et bien sûr, nous ne nous interdisons pas de faire quelques détours si l’on nous parle d’un projet immanquable !

Mais… pourquoi le vélo ?

Bordelaise d’origine pour l’une, Lilloise pour l’autre, et aujourd’hui toutes deux parisiennes, nous militons (avec d’autres plus en plus nombreux.ses!) pour le développement du vélo dans notre ville… Mais pourquoi donc ?!

Fin du 19ème siècle, seconde révolution industrielle. Quelques décennies après l’invention des premières draisiennes, la production de la bicyclette s’intensifie, la rendant accessible au plus grande nombre. Les femmes ne peuvent pas encore voter mais gagnent le droit d’utiliser ces deux-roues, en même tant que le droit de porter le bloomer, ce pantalon bouffant démocratisé par la suffragette (et oui!) Amélia Bloomer. Le vélo s’impose rapidement pour le quotidien : en France, dans les années 30, 20 à 25% des déplacements sont effectués à vélo. Vingt ans plus tard, les villes se transforment pour accueillir au mieux la voiture, véhicule individuel de masse et symbole de réussite incontournable. Le vélo devient marginal : il représente 2% des déplacements à la fin des années 90.

Depuis le début des années 2000, le vélo revient timidement, surtout dans certaines grandes villes comme Strasbourg, Grenoble ou Bordeaux où 12 à 16% des actif.ves vont au travail en vélo, profitant d’aménagements cyclables nombreux. Si le vélo « loisir » de fin de semaine se développe fortement – 2,8 millions, c’est le nombre de vélos vendus en France en 2013, bien plus que le nombre de voitures (source :  le livre A vélo, Vite ! de Véronique Michaud) – la voiture reste pourtant de très loin préférée y compris pour des distances très courtes : aujourd’hui en France, 58% des trajets domicile-travail  inférieurs à un kilomètre s’effectuent… en voiture.

On trouve pourtant quelques signes de lassitude. Il faut dire que nous nous déplaçons de plus en plus, et que nos villes saturent ! En France toujours, entre 1990 et 2010, les déplacements ont progressé de 25% en nombre de km/an. Alors, on innove :  co-voiturage, développement des tramway, généralisation des vélos en libre-service… Assez pour bousculer le visage des villes, transformées tout au long du 20ème siècle, celui du « tout-auto » ? Il faudra d’abord que nos élu.e.s tiennent bon face à l’impressionnant lobbying à l’oeuvre dès qu’il s’agit de réduire la place de la voiture en ville.

Ailleurs, ce rapport de force n’est pas toujours si marqué. Aux Pays-Bas, si souvent cités en exemple, les pistes cyclables ne sont pas apparues par miracle, mais sont issues d’une forte mobilisation citoyenne au cours des années 1970, protestant contre la dangerosité de la voiture en ville et le bouleversement de l’urbanisme. Le 4 juin 1977, des milliers cyclistes défilaient à Amsterdam. Leurs revendications : des voitures garées en périphérie, un investissement dans les transports en commun et les infrastructures cyclistes et même une ville à 20 km/h !

Des raisons d’espérer, il y en a donc ! Même dans des villes qui se sont jetées à 300% dans la révolution automobile, le vélo opère aujourd’hui un retour en force impressionnant, à l’évidence accentué par la crise économique mondiale. Detroit, LA ville de General Motors, en est la preuve la plus parlante. Là où la société capitaliste se fracture, c’est tout le système automobile qui est remis en cause, tandis que le vélo, mode de déplacement souple par excellence, peu cher, non-polluant et adapté au retour du local et des circuits-courts, devient à la fois symbole et outil de résilience. L’abandon de la voiture et le retour du vélo s’expliquent au moins autant par l’envie de faire différemment, de reconstruire « autrement », que par la baisse du pouvoir d’achat.

Ce « retour de vélo », nous l’observons de notre point de vue, occidental. Il s’inscrit dans un contexte bien défini, celui des pays industrialisés. Pourtant, le vélo est loin d’être l’apanage de blancs boboisés, comme ses détracteurs aiment tant à le décrire.

Qu’en est-il, ailleurs ? Dans certains pays africains, les avantages du vélo par rapport à la voiture en ville sont bien connus, comme au Burkina Faso et sa capitale Ouagadougou, surnommée capitale des deux-roues (motorisés ou non), même si l’usage du vélo y diminue en faveur de la voiture. En Chine ou au Vietnam, le vélo, très utilisé et particulièrement bien adapté aux structures urbaines denses et compactes, est là aussi progressivement repoussé hors des grandes villes au profit des voitures et, surtout, des scooters et motos, qui saturent aujourd’hui les métropoles.

En parallèle de ces contextes locaux, les problématiques liées aux déplacements motorisés sont universelles : en 2007, le milliard de véhicules parcourant la planète était dépassé. De 1955 à 2005, l’augmentation de leur nombre a été environ trois plus rapide que la croissance de la population. Alors que le nombre de véhicules s’est stabilisé ou augmente faiblement dans les pays dits développés, le marché de l’automobile se tourne désormais vers les économies émergentes, et selon les Nations-Unies, le parc automobile mondial devrait atteindre 3 milliards de voitures d’ici 2050.

Universels, les avantages du vélo le sont aussi : par rapport à la voiture, le vélo est bon pour la santé, non-polluant, peu coûteux pour l’usager comme pour la collectivité, relativement à son fort potentiel et à son apport quotidien. Par rapport à la marche, le vélo est deux à trois fois plus efficace à effort énergétique égal, et entre deux et quatre fois plus rapide.

Bref : le vélo, sous toutes ses formes, s’adapte partout ou presque. L’objet, comme ses usages, nous passionnent, et c’est en autre pour cela que nous avons décidé d’en faire le fil rouge de notre voyage.

Rrride, c’est parti !

Février 2017, nous partons dans un peu moins de… huit mois. Ca parait loin mais, pour nous, c’est le moment où, après des moooois à en discuter, tout devient concret.

Prochaine étape, le lancement de notre financement participatif, d’ici quelques semaines.

En attendant, on vous laisse avec cette petite infographie de présentation de notre projet.

A très vite !