Avant notre départ prévu le 30 septembre prochain et en attendant les épisodes de rrride, vous retrouverez ici une série de petits articles qui vous éclaireront sur notre « fil rouge », le vélo tel que nous le voyons : un outil d’émancipation et de changement social.

 

 

On commence par une lutte qui nous tient particulièrement à cœur : celle pour l’émancipation des femmes, portée par quelques précurseurEs… parmi lesquelles on trouve Amelia Bloomer, suffragette qui a démocratisé le pantalon du même nom par le biais de son journal « Lily », premier journal américain édité par des femmes et pour les femmes, de 1849 à 1856.

Malgré les efforts d’Amelia B. pour faire connaître la véritable créatrice du vêtement, Libby Miller, ce pantalon bouffant serré aux chevilles ou aux mollets est immédiatement connu et (surtout raillé) sous le nom de « bloomer ».

Raillé, car au milieu des corsets et des robes en crinoline, cette révolution vestimentaire est une véritable provocation contre la société toute entière et en premier lieu (comme souvent) contre les scientifiques et médecins : la plupart déconseillent alors l’usage du vélocipède, cette machine à stérilité accusée en outre de détourner les femmes de leur mari par « l’accès de folie sensuelle », provoqué par le frottement du clitoris sur la selle…

Quelques décennies plus tard, le bloomer devient un vêtement courant aux Etats-Unis, puis en Europe : utilisé par les clubs cyclistes féminins, il apparaît dans les publicités des manufacturiers qui sentent bien que le vélo, bientôt accessible à la classe ouvrière, représente un marché juteux. Et les femmes, seules sur leur vélo, se dérobent désormais en quelques coups de pédales à la surveillance des hommes et gagnent une liberté de circulation … en bloomer, tenue qui continue de faire parler.

 

« La bicyclette a créé un troisième sexe. Ce n’est pas un homme, que ce passant en culottes bouffantes, le mollet libre, la taille dégagée et coiffée d’un canotier. […] Est-ce une femme? Le pied hardi, la démarche vive, les mains dans les poches, vaquant à son gré et sans compagnon, s’attablant aux terrasses, les jambes croisées, le verbe osée: c’est un bicycliste. » (Georges Montorgueil dans Les Parisiennes d’à présent, 1896).

Quand on voit aujourd’hui qu’on nous vend toujours des vélos pour « femme », avec cadre « adapté au port de la jupe »…, on se dit que le combat d’Amelia Bloomer et Libby Miller mérite encore d’être connu et raconté !

 

Quelques lectures pour aller plus loin :

http://www.heloiseduche.fr/les-feministes-et-le-biclou-une-histoire-damour/
http://ellesfontduvelo.com/2015/05/histoire-femme-a-velo-amelia-bloomer-et-libby-miller/
http://www.lapedaledantan.fr/index.php/histoire/16-la-liberation-des-femmes-par-le-velo
http://www.barbieturix.com/2016/07/12/bloomers-pantalons-feminisme-et-discorde-a-lere-victorienne/
http://ellesfontduvelo.com/2015/05/histoire-femme-a-velo-amelia-bloomer-et-libby-miller/
https://leszimbes.wordpress.com/2016/10/23/un-collectif-cycliste-festif-feministe-et-non-mixte-pour-quoi-faire/
http://www.slate.fr/story/104509/velo-outil-emancipation-femmes