Après Amelia Bloomer et Libby Miller, nous vous proposons aujourd’hui de partir à la rencontre d’une féministe qui s’est lancée dans un tour du monde à vélo… en 1894 !

Annie Cohen Kopchovsky, fille d’émigrants juifs originaires de Riga, est un personnage extraordinaire. A 24 ans, mariée et mère de trois enfants, elle décide de relever un pari : 20 000 $ contre 10 000 $ qu’une femme pouvait voyager autour du monde à vélo.

Après s’être dégoté un sponsor à la condition qu’elle porte à l’arrière de son vélo un panneau publicitaire au nom de la société, la Londonderry Lithia Spring Water Company, la voici le 25 juin 1894 prête à partir, devant les marches du palais du gouvernement du Massachusetts saluant les 500 personnes venues l’encourager.

Aventurière, courageuse, Annie Londonderry est aussi une conteuse hors-pair – elle agrémente ses récits de détails rocambolesques assez jouissifs : elle raconta à son retour avoir traversé le front pendant la guerre sino-japonaise de 1895 où elle serait tombée dans une rivière gelée, aurait été touchée par une balle à l’épaule avant d’être jetée dans une prison japonaise. Un sacré personnage digne d’être représenté dans Les Culottées !

De son tour du monde, on sait toutefois grâce aux nombreux reporters qui la rencontrèrent pendant son parcours qu’elle se rendit de Boston à Shanghai en passant par Le Havre, Alexandrie, Singapour… le tout en quinze mois, gagnant son pari.

Pendant ces quinze mois, elle fit plus que bousculer les stéréotypes de genre : elle les démonta un par un, en quittant sa vie de mère au foyer (la seule alors autorisée aux femmes, donc) vêtue d’une robe longue d’usage, qu’elle quitta rapidement pour une tenue qui défrayait la chronique – le bloomer – et troquant son char d’assaut, un vélo Columbia de 20 kg, pour un vélo Sterling « masculin » de 9kg.

Comme souvent s’agissant des femmes ayant fait l’histoire, Annie Londonderry, devenue célèbre de son vivant, retomba rapidement dans l’oubli après sa mort. Jusqu’au moment où un chercheur replongea son nez dans cet exploit et rencontra l’arrière petit-neveu de notre cycliste, qui découvrit complètement cette histoire et en fit une biographie.

Et qu’un récent documentaire lui soit consacré.

The New Woman: Annie « Londonderry » Kopchovsky (a documentary trailer) from Gillian Willman on Vimeo.

De notre côté, nous réalisons en écrivant cet article que notre itinéraire nous amènera en grande partie sur les traces d’Annie Londonderry…  oh yeah.