Nous vous avions laissé.e.s, il y a quelques semaines, avec nos premières impressions sur notre première étape, Bangkok. Nous sommes maintenant installées dans une autre capitale…  celle du Laos ! Mais avant de vous parler un peu plus longuement de Vientiane (un coup de cœur pour nous), retour sur notre périple du sud de la Thaïlande au Laos. Soit un mois à vous raconter, donc on va faire ça en deux fois !

Pour commencer, sachez que notre itinéraire est actualisé au fur et à mesure sur cette carte (ainsi que sur la page d’accueil de notre site). Vous y apprendrez que nous avons par exemple fait un court détour par Pattaya dont nous ne parlerons pas sur ce blog tant il n’y a rien à en dire, à part que l’endroit est fidèle à sa réputation…

Après trois semaines à Bangkok (et le tournage de notre épisode #2, le tout dernier jour, en ligne ici), nous sommes descendues dans le sud du pays. En train d’abord, jusqu’à Prachuap Khiri Khan. Une petite station balnéaire épargnée par le tourisme de masse, au charme un peu désuet, au cœur d’une baie magnifique. Au programme, du calme, de la plage, un peu de montage vidéo, des resto de fruits de mer, des chats siamois, un marché de nuit à tomber par terre (et encore, on a pas pu tout goûter), et du vélo !

Le chat du café du coin

Avec un bémol : on logeait un peu loin du centre et la route était particulièrement squattée par les chiens errants, tout gentils et inoffensifs en journée et qui semblaient n’avoir qu’un seul loisir à partir de 18h : poursuivre les vélos, surtout les vélos qui grincent… Après une bonne frayeur (c’est pas passé loin du mollet) et un gros sprint, on a opté pour un bâton de bambou que nous emportions à chaque fois que nous partions pour la journée. Avec l’espoir de ne pas s’en servir tant pour eux que pour nous, mais pour avoir de quoi leur faire peur. La loose quand même, non ?

A part ça, Prachuap Khiri Khan est juste un paradis pour rouler, peu de circulation, petite ville, routes en bon état et larges.

Le paradis des vélos !

Nous avons ensuite continué notre route vers le sud.

En bus, pour un très loooong trajet. Mais une sacrée expérience, vu qu’on a pris un bus quasi-exclusivement emprunté par les locaux (il existe de tout, du bus « VIP » pour les touristes à ceux plus rudimentaires mais pas si terribles). Il faut savoir une chose, c’est qu’en Thailande, l’achat d’un ticket de bus inclut une pause déjeuner. C’est ainsi qu’après quelques heures de trajet, notre bus s’est arrêté dans une sorte d’aire de repos et nous avons été invitées à nous installer à une grande table avec les autres passagers, avec différents plats à partager – riz avec légumes, viande, poisson, un curry bien relevé… bref pas mal de choix, y compris pour nous végétariennes. Et deux grands-mères comme voisines de tables, revenant de Bangkok après un dernier hommage à leur roi défunt (nous étions en Thaïlande pendant sa crémation), qui semblaient trouver très intéressant et drôle de nous voir tester tout ça ! Le trajet jusqu’à Phuket aurait été parfait si, en toute fin de voyage, l’une d’entre nous n’avait pas mangé des chips infestées de fourmis (il faisait noir aussi!), ce qui nous a valu une arrivée mouvementée… On n’en dira pas plus.

Phuket, donc. Honnêtement, on aurait aimé faire d’autres étapes avant, passer du temps dans les îles, etc… mais notre problème est qu’étant parties pour un an nous sommes assez chargées (un gros sac à trimballer en plus de nos sacs de voyage respectifs), ce qui nous limite plus que nous le pensions. Pour la suite du voyage, nous suivrons notre idée initiale : nous établir dans des bases pour trois, quatre semaines et bouger autour… Mais revenons à Phuket : une bonne surprise pour nous ! Après quelques lectures, nous nous attendions à un endroit quelque peu défiguré par le tourisme… et c’est le cas, du moins de ce que nous en avons vu en traversant l’île pour rejoindre une plage. Sans doute existe-t-il des coins encore préservés, mais nous n’avons pas assez trainé pour les découvrir… Non, la bonne surprise est venue de la ville de Phuket, moins connue, agréable et surprenante d’un point de vue architectural de style ‘sino-portugais’, avec pas mal de bonnes petites adresses de cafés, de bars (dont certains carrément étranges, voir photo) sans oublier le Sang Tham Shrine, un petit temple chinois « caché » au fond d’une impasse dans la vieille ville, particulièrement classe.

Anfield à Phuket

Le Sang Tham Shrine

Après ces quelques jours, nous avons mis tous nos principes de côté et… pris un avion pour le nord de la Thailande, chose que l’on souhaite évidemment faire le moins possible. Mais la fête des lumières nous attendait à Chiang Mai, et la perspective de traverser le pays (1.500 kilomètres quand même) avec toutes nos affaires… Solution de facilité qui ne nous empêchera pas d’avoir quelques « galères » dans les jours qui ont suivi, mais nous ne le savions pas encore !

Quand on y repense avec un peu de recul, tout a commencé à l’aéroport, lorsque la sécurité nous a confisqué notre batterie solaire. Qui a voyagé sans problème de Paris à Bangkok, mais n’a pas passé le premier contrôle ici au nom d’une obscure réglementation (les batteries portables sont autorisées en avion en-deçà d’une certaine capacité, la nôtre était parfaitement dans la limite mais nous n’avons pas pu le « prouver »). Rien de grave, que du matériel, mais du bon matériel tout de même, dans lequel nous avions investi pour la recharge de nos accessoires de tournage. Enfin…

Arrivées à Chiang Mai, nous débarquons dans un appartement pourri, un vrai taudis et une belle arnaque. Après une courte nuit nous parvenons à nous faire rembourser (à coup de photos en guise de preuves) et trouvons une petite guesthouse pour quelques jours, puis une autre, tout étant quasi-complet à cause de la fête des lumières et des lanternes, Loy Krathong. Mais on se débrouille ! Jusqu’au moment de quitter la ville pour le Laos, le bus que nous devions prendre direction la frontière étant complet, comme tous les bus ce jour là. Il faut nous voir, après avoir bien galéré à rejoindre au petit matin la station de bus (située à plusieurs kilomètres de la ville), apprendre qu’il n’y a plus aucun bus, essayer de trouver une solution au bureau « information » avec une employée qui nous interrompt au bout de quelques secondes – « one moment please », il est 8h, tout le monde se fige : c’est l’heure de l’hymne national retransmis par haut-parleurs – et finalement nous résigner à passer une journée et une nuit dans un hôtel miteux (mais drôle, une sorte d’ancien palace chinois à l’abandon, majestueux mais complètement défraichi avec certains étages à l’abandon) du terminal de bus pour partir à la première heure le lendemain matin. 24h totalement WTF passées en grande partie dans le grand mall ultra-moderne d’à côté qui, il faut bien le dire, nous a sauvé notre journée (surtout son bar à vin avec plateau de fromages… oui, c’est mal).

Sinon, nous avons été plutôt très partagées sur Chiang Mai. Loy Krathong fut une expérience géniale. Nous avons assisté au lancer des lanternes d’un rooftop d’un pub australien idéalement placé au cœur des festivités, c’était très beau et un peu fou.

Après le lancer de lanterne, la parade

Par contre, nous n’avons pas spécialement apprécié la ville, vraiment trop touristique (dans la vieille ville, une maison sur deux est une guesthouse, on exagère à peine) et à la circulation compliquée. On peut y faire du vélo (et en trouver à louer) sans problème, et c’est très agréable si on en fait pour se promener, une heure ou deux dans un quartier donné. Par contre, se déplacer tous les jours à vélo, traverser cette sorte de périph’ intérieur qui fait le tour de la vielle ville en suivant les remparts, c’était assez sportif. D’ailleurs, on a vu assez peu de touristes s’y risquer et certain.e.s n’avaient pas l’air franchement rassuré.e.s. On a aussi attrapé un sacré mal de tête à cause de la pollution en revenant d’une balade en fin d’après-midi, tellement la ville était embouteillée, et avec la chaleur en prime… Peut-être l’était-elle plus que d’habitude en vue de la fête des lumières, mais nous sommes tout de même restées une semaine et n’avons pas vu beaucoup de changement. Ni de cyclistes ! Rien n’est fait pour le vélo – nous avons aperçu quelques marquages au sol sur cette fameuse trois voies autour des remparts… marquages en fait en plein milieu de la route et donc des voitures, absolument pas une piste séparée. Les locaux roulent en (grosse) voiture ou en scooter, comme les touristes, et on a d’ailleurs vu un sacré nombre d’écloppé.e.s avec de grosses brûlures sur les bras et les jambes.

Passage obligé pour rejoindre la vieille ville à Chiang Mai (et là, c’était calme)

Comme à Bangkok, à moindre échelle bien sûr, la ville est de plus en plus étalée avec zones commerciales et industrielles en périphérie, et pour autant très vite congestionnée dans le centre, aucune alternative aux transports motorisés n’y étant encouragée. Une trajectoire classique dans l’histoire récente de l’urbanisme en somme, et sans vouloir faire des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être, difficile de ne pas penser à tout ce que nous dénoncions dans une autre région du monde avant notre départ – et sans doute après –  avec d’autres cyclistes militant.e.s… En essayant de comprendre le contexte local bien sûr, Chiang Mai n’ayant par exemple pas vraiment d’autres choix que d’organiser sa circulation autour de grands axes : comme à Bangkok là encore, les quartiers de la ville sont organisés autour de soi, ces ruelles secondaires pas forcément reliées entre elles, qui donnent à ces quartiers un charme particulier mais se heurtent forcément à la généralisation de la voiture comme moyen de transport.

C’était le point ‘déprime’.
Parce-que sinon nous avons tout de même visité des temples très impressionnants, fait de belles ballades dans certains quartiers plus calmes, et surtout super bien mangé… Chiang Mai était le paradis des végétarien.ne.s. « Spéciale dédicace » au restaurant de la guesthouse vegan et végé Green Tiger, notre cantine pendant une semaine.

Riz sauté aux légumes, salade de papaye, pad thai de folie, curry vert… et kombucha maison, c’est simple, on a tout testé ou presque.

Et pour finir cette première partie, Chiang Khong, dernière étape thaïlandaise avant le Laos, où nous avons passé une nuit dans une charmante petite chambre avec vue sur le Mékong. Mékong que nous n’aurons pas fini de voir puisque nous voilà parties pour deux jours de bateau et là, on en a pris « plein les mirettes » comme on dit (ou pas). Mais avant de monter sur le bateau, il a fallu traverser le pont de l’amitié jusqu’au poste frontalier et accomplir les formalités pour le visa. Et franchement, tout s’est très bien passé, nous avons obtenu le précieux tampon sans difficultés et plutôt rapidement, avant de monter avec un groupe de touristes chiliens, italiens, américains, suisses (avec qui nous trinquerons plus tard « à la francophonie », et oui, ça arrive), que nous côtoierons pour les prochaines 48h. Les « mauvaises vibes » laissées derrière nous, nous voici en route pour notre première étape laotienne… Luang Prabang !

A suivre…