Menu Close

De Bangkok à Vientiane : retour sur un mois de voyage – 2ème partie (Laos)

Après les petites galères de nos derniers jours en Thaïlande et une fois passées au Laos, de l’autre côté du Mékong, nous voici parties pour deux jours de bateau, direction Luang Prabang. Et ce fut… plutôt génial. Une fois le visa obtenu (sans difficulté), nous (et nos sacs) transférées avec d’autres passagers en pick-up jusqu’à l’embarcadère, nous découvrons le long boat sur lequel nous passerons deux jours, avec une pause pour la nuit dans le village de Pakbeng. Un beau bateau tout en bois, avec tout le confort minimum : des toilettes et de quoi se restaurer (chips, soupes instantanées et Lao Beer!).

Une bonne ambiance, on fait connaissance et on trinque avec nos voisin.es suisses, américain.es, chilien.nes… et on hallucine quand même devant cet espagnol qui se prendra deux jours durant pour le capitaine du bateau, avec une passion dans sa nouvelle vie : superviser chaque manœuvre – sous les yeux eux aussi hallucinés de l’équipage, le vrai. Petite frayeur tout de même pour l’un des passagers qui s’est gravement ouvert la jambe en tombant dans une trappe à la fin du premier jour. Évidement, pas d’hôpital à Pakbeng (vraiment un village entouré de forêts, construit sur les rives du Mékong), il n’aura que quelques premiers soins jusqu’à Luang Prabang…

 

 

Sinon, les paysages sont dingues, le réveil le matin du deuxième jour, à Pakbeng, aussi. On s’extasie un peu bêtement avec d’autres touristes devant les éléphants qui prennent leur bain (ces même touristes qui une heure plus tard jetteront leurs mégots dans le Mékong comme de nombreux occupants du fumoir improvisé à l’arrière du bateau… et là, tu perds foi en l’humanité).

 

Les paysages du Mékong continueront à nous émerveiller pendant nos quelques jours à Luang Prabang, une étape certes touristique mais tout de même calme, apaisante, vraiment très belle, du soleil en continu et une température idéale (28, 29 degrés « seulement », la fraîcheur du Nord) et surtout parfaite à vélo ! Et ce petit resto japonais… (un problème récurrent pour nous : on finit toujours par se trouver un petit spot japonais plutôt que d’explorer à fond la cuisine locale). On vous passe ensuite la journée de voyage jusqu’à Vientiane en minivan sur des routes de montagne (que notre voisine n’aura pas supporté…). Nouvelle étape : Vientiane !

 

 

Vientiane, une “petite” capitale aux gros problèmes de circulation….

 

Après 15 jours passés à parcourir la ville au moment ou nous écrivons cet article, on peut dire que s’il est relativement facile de s’y déplacer à vélo, ce n’est pas vraiment une partie de plaisir. Facile, car la ville est peu étendue, le centre, petit, et que les voitures et motos ne roulent pas très vite, ni ne frôlent les cyclistes. On peut aussi faire une belle balade sur la grande route qui longe le Mékong, la circulation y était coupée tous les soirs pour faire place aux piétons, vélos, et différents cours de gym qui se font concurrence avec musique à fond – et même si les pratiques restent assez genrées, ce sont des dizaines de femmes qui occupent, chaque soir, l’espace public.

 

Cela dit, rouler quotidiennement à Vientiane n’est pas de tout repos, au contraire. Nous en avons eu un aperçu dès notre arrivée ; après notre voyage mouvementé en provenance de Luang Prabang, nous pensions avoir fait le plus dur une fois arrivées à la gare routière située à quelques kilomètres en périphérie de la ville. Naïves que nous sommes… Installées à l’arrière d’un taxi collectif – un pick-up, donc à l’air libre, nous avons mis plus d’une heure et demi pour faire ces quelques kilomètres, en faisant du quasi sur-place tellement les rues étaient bouchées (et pourtant, des rues à deux, trois voies!). Tout le monde était pourtant très calme, pas un coup de klaxon, pas une insulte, ce qui fut finalement le plus dépaysant pour nous parisiennes… Un de nos compagnons de route, exaspéré, a même quitté le navire en plein milieu de la route pour continuer à pied (et on aurait franchement fait pareil si nous n’étions pas si chargées). Les locaux avaient tous des masques – pas nous : énorme mal de tête en arrivant. Nous voilà donc prévenues…

 

Quelques balades à vélo plus tard, nous avons ressenti le besoin de faire quelques recherches sur le sujet… et, de fait, le nombre total de véhicules enregistrés à Vientiane a doublé sur ces cinq dernières années, pour s’établir à plus de 800.000, pour un nombre d’habitant.e.s à peine plus élevé. Certes, les deux-roues motorisés restent largement en tête mais difficile de ne pas remarquer le nombre important de voitures neuves stationnées un peu partout dans la capitale ! Et quelles voitures : une majorité de 4×4 et d’énormes pick-up américains et japonais qui encombrent les trottoirs et ralentissent fortement la circulation aux carrefours, rarement régulés par un feu, donc souvent lieux de blocage. Et d’accidents (nous avons assisté à pas moins de 4 collisions voiture/moto en 15 jours, toutes sans gravité).

 

 

Nous avons trouvé plusieurs tentatives d’explication : les importations de voitures d’occasion auraient été limitées par le gouvernement, tandis que les (nombreux) concessionnaires proposent des credits-auto très attractifs. On veut bien le croire… Surtout, les alternatives au transport individuel sont quasi-inexistantes, comme nous l’expliquait un jeune volontaire des Nations Unies rencontré lors d’un événement associatif à l’Institut Français du Laos : hormis les taxis collectifs et autres tuk-tuk, il n’y a que quelques lignes de bus (donnés par le Japon, très présent ici), un réseau qui relie principalement les grands axes excluant de fait les usagers les plus éloignés, des stations peu ou pas aménagées, non abritées donc pas adaptées pendant la saison des pluies… Dans les chiffres, les trajets en transport en commun représentent moins de 1% des trajets quotidiens à Vientiane.

 

Les autorités semblent tout de même prendre conscience du problème, plusieurs annonces ayant été faites pour, officiellement, lutter contre les embouteillages, dont la verbalisation des parking clandestins, la construction d’un système de tram, de nouvelles piétonisations et même un système de vélos partagés. A suivre ?

 

… et pourtant : un petit coup de cœur pour nous !

 

« Vaut un jour de visite à peine », « rien à voir, on s’y ennuie »… Autant dire qu’avec tout ce qu’on avait lu sur différents blog, nous aurions dû nous attendre au pire. Mais après Chiangmai ou Luang Prabang, deux étapes touristiques, on était finalement assez impatientes de découvrir cette capitale.

 

 

Verdict : une de nos étapes les plus surprenantes ! On ne peut pas vraiment dire que la ville soit « belle », mais son architecture complètement WTF lui donne un certain charme, entre ses immenses édifices d’inspiration a 300% communiste, ses « Champs Élysées » (appellation revendiquée) qui nous ont plutôt fait penser a la Karl Marx Allee de Berlin, ses rues presque paisibles du centre-ville et, bien sur, le Mékong dont on ne se lasse toujours pas. Une capitale à voir donc, si l’on a suffisamment de temps pour y trainer !
 
Demain, départ pour un nouveau pays et une nouvelle ville (et nouveaux projets?) : Phnom Penh !