Voilà maintenant un petit moment que nous parcourons des villes d’Asie du Sud Est à vélo. Et plus le temps passe, plus l’on se rappelle de ce que c’était, notre quotidien de cyclistes à Paris ! Après les autoroutes urbaines de Bangkok, les bouchons de Chiang Mai, les 4×4 de Vientiane, nous voici à Phnom Penh, royaume des tuk-tuk et des scooter (même si Ho Chi Minh, que nous visiterons plus tard, la surpasse dans ce domaine). Ici, pas ou peu de règles de circulation, les sens interdits ne sont pas respectés, les feux à peine plus. Une moto peut toujours débouler de n’importe où, n’importe quand.

Ce que nous retenons après 10 jours à rouler tous les jours à Phnom Penh ? Deux règles : toujours garder l’œil ouvert (et les mains sur les freins) ; et ne jamais céder. Céder le passage, ou même attendre que l’on vous laisse passer, c’est non seulement le meilleur moyen de ne jamais avancer mais en plus de bloquer le trafic derrière soi, et se faire klaxonner ! La bonne nouvelle, c’est que cette « loi du plus fort » n’a rien à voir avec la taille du véhicule ou le fait qu’il soit ou non motorisé : c’est à celui (en l’occurrence plutôt des hommes…) qui « montrera ses muscles », qui avancera sans peur pour imposer sa trajectoire. Pratique déroutante au début, énervante bien sûr tant les comportements sont genrés, mais finalement peu dangereuse voire amusante au bout d’un moment. Quel plaisir de passer en vélo là où même les scooters n’ont pas la place…

Voilà pour le contexte. Alors, vu d’ici, rouler à Paris, ça nous manque, ou pas ? On tente un petit classement !

Ce qui nous manque le plus : 

  • Des espaces sans voitures. Sans hésiter ! Ici, il est très difficile de sortir du bruit de la circulation sans abandonner son cher vélo pour s’installer dans un café, ou mieux, un des nombreux rooftop ! Aaaah, les quais de Seine à vélo, quel bonheur… Même remplis de piétons un dimanche d’été, on signe !
  • Les trottoirs. Les poteaux, les barrières. Des arceaux. Bref, un endroit pour se garer (librement). C’est quand même un des plaisirs du vélo que de pouvoir s’arrêter quand on veut, où on veut… liberté très limitée ici ! Déjà, quand on pose le pied par terre, on a le droit à au moins une personne qui vient voir (de très près) ce qu’on trafique avec deux vélos et un antivol, et ça, c’est pesant… Car le trottoir est un lieu d’occupation (masculine), et un business ! Dans certains quartiers, il est très difficile de trouver un bout de trottoir qui ne soit pas privatisé et transformé de manière complètement anarchique en parking à motos, surveillé, avec système de tickets.
  • Les pistes ! Même si elles ne sont pas toujours respectées à Paris, elles nous manquent ! Difficile ici de revendiquer un ‘espace à soi’ sans aucun marquage au sol…

Ce qui nous manque le moins : 

  • Les bus, à l’unanimité des voix ! Les voies de bus ? Un mauvais souvenir pour nous ! Bon, il faut dire que le réseau de bus et plus largement de transports en commun est quasi-inexistant, ce qui n’est évidement pas une bonne nouvelle… Mais une chose est sûre, de Bangkok à Phnom Penh, nous ne nous sommes jamais senties mises en danger comme ça peut être le cas sur la voie du bus du Boulevard Saint-Germain (un exemple comme ça, au hasard)
  • Les taxis ! Aaaaah nos amis les taxis… là encore, le fait de ne plus se faire frôler – ni insulter, menacer… – par certains chauffards nous fait vraiment du bien. Si certains comportements peuvent être ici dangereux, cela tient plutôt de la circulation anarchique que de la volonté de nous faire peur – et croyez-nous, à Paris, c’est du vécu !
  • Et pour finir, les costards cravates qui se prennent pour Chris Froome (sans dopage) sur leur vélib’ et font la course avec nous. Là encore, du vécu… 😉

A très vite pour la suite de nos aventures !